Pan à la note ! Panote ...
Pourquoi les professeurs mettent-ils des notes à leurs élèves ?
Pourquoi, alors qu’aucun texte légal ne leur en fait une obligation, qu’ils ne risquent donc pas de sanctions pécuniaires s’ils s’en défont ?
Pourquoi, alors que la note ne fait pas apprendre et qu’elle fait perdre du temps ?
Pourquoi, alors que les parents ne peuvent rien faire avec le verdict (… votre fille a 5 –ou elle a 15- sur 20 en chimie) puisqu’ils ignorent comment le professeur est passé d’une analyse multidimensionnelle de la prestation à une note unidimensionnelle ?
Pourquoi, alors qu’en outre, les parents ignorent comment le professeur a fait apprendre en amont, où le professeur a appris à noter, ce qui l’anime ? Quels paramètres relationnels entrent en jeu dans ce jeu unilatéral ?
Pourquoi noter, enfin, alors que professeurs et parents ignorent les ressorts psychiques de l’élève soumis à questionnement ?
Charles Pepinster

L’examen externe s’oppose au principe de liberté des méthodes pédagogiques garantie aux Pouvoirs Organisateurs par le Pacte Scolaire du 29 mai 1959 voté par le Parlement Belge.
Les partisans de l’examen externe obligatoire et certificatif de fin d’école primaire se récrieront que cette obligation ponctuelle ne contredit pas le libre choix méthodologique des Pouvoirs Organisateurs.
Voyons cela de plus près.

Les pédagogies critiques ont depuis longtemps condamné la notation scolaire, en montrant qu’elle constituait un obstacle à toute véritable éducation, mais bien des pédagogues critiques continuent de noter leurs étudiants, expliquant qu’ils y sont contraints pour conserver leur emploi : « Je déteste faire ça, mais je n’ai pas le choix ».

« Tous les hommes sont mortels ;
Or Socrate est un homme ;
Donc Socrate est mortel. »
En Grèce donc. En Belgique aussi. A l’école.

Les enseignants employés par des Pouvoirs Organisateurs communaux que j’ai rencontrés en formation sont décontenancés. D’une part le Pacte Scolaire du 29 mai 1959 fait, à leurs yeux force de Loi. Il reconnaît la liberté de choix des méthodes pédagogiques par chaque Pouvoir Organisateur.
D’autre part, un décret de la Communauté Française de Belgique oblige toutes les écoles à soumettre leurs élèves de 6ème primaire à un examen externe certificatif. Celui-ci intervient, disent les maîtres les plus lucides, au cœur même du choix pédagogique. C’est indéniable.

La crise économique sans précédent que nous vivons actuellement doit nous pousser à penser l’école autrement. Si nous sommes poussés, nous pousserons les politiques ! Merci pour votre attention.
Si l’école genevoise actuelle a des notes, un bulletin, des évaluations trimestrielles et des évaluations de fin de cycles, c’est essentiellement pour répondre à un besoin de communication : la note est claire, juste, efficace, dit-on, même si on peut en douter. Alors que veut-on de plus ? des moyennes, des couperets et des traquenards pour piéger les élèves ? Cela ne sert pas à les former, peut-être à les instruire du fait que seuls les meilleurs s’en sortiront, que la compétition a du bon, et que la vraie vie les attend.
Dans les “bulletins” remis quatre fois l’an aux parents, nous avions fait évoluer le concept d’évaluation formative en l’inscrivant dans une logique de communication avec les familles ; en cohérence avec les méthodes d’enseignement et les valeurs prônées dans notre projet d’implantation. L’objectif de ce bulletin, que nous avions rebaptisé “dossier d’évolution”, n’étant pas de hiérarchiser les enfants entre eux, nous avions décortiqué les différents prescrits de la loi permettant aux enfants de se construire, de s’épanouir, de développer leur intelligence.