Pour l’abolition de la note scolaire

J’adore ... Je refuse ...

Deux argumentaires pour se positionner par rapport aux notes
dimanche 12 octobre 2008

Deux partis. Deux parti-pris vis-à-vis des examens : d’un côté les POUR, de l’autre les CONTRE. Quelles bonnes raisons de choisir son camp ? Et si on faisait mieux apprendre en installant un vrai travail de synthèse exigeant qu’on pourrait appeler un chef-d’œuvre pédagogique ?

J’adore ...

J’adore les notes scolaires parce que celles-ci apprennent la compétition ...
- ... qui prépare à la vie réelle et à la marchandisation (les points = salaire) qui règne dans la société, qu’on le veuille ou non ;
- ... qui favorise les plus habiles pouvant miser à bon escient sur ce qui rapporte le plus de points.

J’adore les notes scolaires ...
- ... qui portent en elles une sorte d’excitant, d’énergie supplémentaire pour réussir les examens ;
- ... qui génèrent un certain chantage, lequel, vu positivement, récompense l’effort et sanctionne la mollesse ;
- ... qui valorisent la débrouille si utile dans la jungle de la vie.

J’adore les notes scolaires ...
- ... qui sanctionnent ceux qui n’étudient pas ;
- ... qui récompensent l’effort ;
- ... qui soudent les meilleurs (solidarité).

J’adore les notes scolaires ...
- ... qui conviennent très bien aux professeurs performants (même si elles embarrassent les pusillanimes…) ;
- ... qui font appel à la responsabilité, à la conscience professionnelle des professeurs ;
- ... qui font que les élèves paresseux s’en remettent au hasard ;
- ... qui renforcent le pouvoir des professeurs de plus en plus menacé ;
- ... qui donnent, hélas, des états d’âmes à des professeurs hésitants ;
- ... qui permettent d’arrêter les quelques élèves toujours prêts à développer un mauvais esprit ;
- ... qui combattent l’erreur chez l’élève ;
- ... qui apprennent la rigueur ;
- ... qui se prêtent au traitement statistique ;
- ... qui départagent les élèves méritants des autres ;
- ... qui indiquent clairement les carences à combler ;
- ... qui organisent le corps professoral dans son unité autour de la direction ;
- ... qui personnalisent, situent chaque élève ;
- ... qui développent l’autonomie, la performance due aux vrais mérites.

J’adore les notes scolaires ...
- ... qui permettent le sursaut de l’élève ;
- ... qui développent l’estime de soi ;
- ... qui fortifient la volonté ;
- ... qui habituent à lutter ;
- ... qui informent les élèves et les familles sur la valeur objective des performances.

J’adore les notes scolaires ...
- ... qui exaltent une période de l’année scolaire ;
- ... qui distinguent les élèves opiniâtres des autres ;
- ... qui stimulent l’apprentissage ;
- ... qui poussent aux approfondissements lors de révisions ;
- ... qui sont couronnés par des épreuves externes standardisées.

Certains utopistes prétendent qu’il faut supprimer les notes scolaires à leurs yeux toxiques ...
- Pensent-ils sérieusement que, sans notes à la clef, les étudiants seraient encore motivés ?
- Ne verrait-on pas une chute spectaculaire du niveau ?
- Que deviendrait l’autorité des professeurs ?
- Comment les parents seraient-ils encore objectivement renseignés ?
- Comment opérer, dès lors, une saine sélection des cerveaux ?
- Comment orienter au mieux les cursus scolaires pour respecter les différences ?
- Comment piloter sérieusement l’enseignement ?

Je refuse ...

Étant favorable à l’Éducation Nouvelle, je suis ...
- ... pour la solidarité, contre l’individualisme ;
- ... pour la création, contre la reproduction ;
- ... pour la construction des savoirs, contre leur transmission/reproduction ;
- ... pour le droit à l’erreur, contre l’exclusion par la pénalisation de la faute ;
- ... pour la rigueur, contre la rigidité ;
- ... pour une cohérence entre modes d’apprentissages coopératifs et évaluation.

Je refuse les notes qui ...
- ... apprennent la compétition ;
- ... développent la marchandisation ;
- ... poussent à la spéculation ;
- ... servent de dopage ;
- ... apprennent la tricherie.

«  Je te mets un 2 et c’est bien payé !  »

Je refuse les notes qui ...
- ... excluent les faibles ;
- ... exaltent les forts ;
- ... empêchent la fraternité ;
- ... préparent la guerre ;
- ... continuent la non-assistance à personne en danger.

«  Chacun pour soi. Je serai sans pitié.  »

Je refuse les notes qui ...
- ... réjouissent les autocrates ;
- ... font souffrir les démocrates ;
- ... soumettent à l’arbitraire ;
- ... poussent à jouer à la roulette russe ;
- ... sont le confort des professeurs.

«  On se reverra aux examens !  »

Je refuse les notes qui ...
- ... sont les prisons mentales des professeurs qui règlent les comptes ;
- ... combattent le droit à l’erreur ;
- ... dissimulent les erreurs des professeurs ;
- ... reposent sur l’empirisme ;
- ... se parent de mathématique.

«  Si vous croyez que cela m’amuse !  »

Je refuse les notes qui ...
- ... permettent le favoritisme ;
- ... justifient les leçons particulières ;
- ... soumettent les professeurs ;
- ... attisent les rivalités entre les professeurs ;
- ... font croire à l’unidimensionnalité de l’être ;
- ... étiquettent les élèves.

«  Vu les résultats de l’an passé, tu n’as pas beaucoup de chances …  »

Je refuse les notes qui ...
- ... renforcent le fatalisme ;
- ... dégradent l’image de soi ;
- ... dédoublent la personnalité ;
- ... stimulent l’individualisme ;
- ... entraînent les suicides ;
- ... touchent les familles.

«  On aura toujours besoin de manœuvres.  »

Je refuse les notes qui ...
- ... camouflent l’incivisme des professeurs ;
- ... font perdre du temps ;
- ... masquent les immenses capacités de tous ;
- ... occultent l’apprentissage ;
- ... enferment dans le bachotage.

«  Vous n’êtes plus obligés de venir à l’école après les examens…  »

Je refuse les notes justifiées par l’organisation d’épreuves externes parce que celles-ci accréditent tous les autres examens et leurs notes. Je refuse le mot “ épreuve ” et lui préfère le mot “ PREUVE ”. Le chef-d’œuvre pédagogique, que j’ai lancé sous la forme actuelle en 1987, est un projet exigeant qui prouve l’intégration des apprentissages. Ce projet est individuel mais élaboré en coopération. Il est en cohérence avec des pratiques de construction de savoirs créatifs et solidaires destinés à promouvoir une société plus humaine.

«  Tout le malheur de l’humanité vient de la comparaison.  »
Jean de DIEU (1495-1550), cité par Michel SERRES

Charles Pepinster

- Instigateur du GBEN (Groupe Belge d’Éducation Nouvelle - 1983)
- Fondateur de la Maison des Enfants, à Buzet (Floreffe, Belgique)
- Ancien inspecteur cantonal


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